Plus de deux ans de yoga quasi assidu et j’ai toujours l’impression d’apprendre chaque jour. De me découvrir. De dépasser mes limites. Je n’aurais jamais pensé un jour devenir une adepte de cette discipline à l’opposé, à priori, de mon tempérament. A mes débuts, j’ai eu du mal à m’y mettre à cause de tous ces clichés que j’avais dans la tête (j’e ai encore quelques uns qui persistent). Je ne voulais pas devenir une hippie qui ne jure que par les « om » et les « namaste ». Aujourd’hui, le yoga est la première chose à laquelle je pense en me levant.

Les idées reçues sur le yoga

Que celui qui n’a pas eu des préjugés, me jette la première pierre. J’avais un tel flot d’idées reçues dans ma tête qu’aujourd’hui je me dis que la vie a vraiment l’art de nous montrer toute son ironie. D’ailleurs, petite anecdote: étant petite je voulais devenir bouchère. Etant végétarienne aujourd’hui, je trouve cette anecdote très drôle à raconter.

Je pensais le yoga pratiqué par des hippies hypra souples, pas du tout cardio et réservé aux femmes qui ne parlent que de paix intérieure et de chakras. Au delà de ça, j’appréhendais le fait que le yoga me transforme en une personne que je n’avais pas envie d’être. Qu’il remette en cause toutes ces images que j’avais de moi et qu’il me fasse sortir d’une case de la société dans laquelle je me sentais bien.

Le yoga pourrait réduire significativement les facteurs de risques cardiovasculaires selon une étude d’envergure publiée mercredi 17 décembre 2014 dans le British Medical Journal (BMJ).

Le problème du yoga (si c’est réellement un « problème »…) est que les bienfaits sont transparents ou n’arrivent que très tard. Hormis le fait que l’on ressort toujours détendu d’un cours, personne n’en est ressortie en se disant « je sens déjà que mes défenses immunitaires se sont améliorées ». Et c’est d’autant plus difficile lorsque l’on est jeune et qu’on n’a pas forcément de problèmes de santé. En tout cas, moi j’ai eu du mal à m’y mettre car lire que le yoga va m’aider à baisser ma pression sanguine, je me dis « bah je m’en fiche là non? ». Vous voyez le truc ? Le yoga n’est pas forcément le sport vers lequel je me retournerai. Je voulais des résultats rapidos. Et puis parfois, en lisant les bienfaits physiques, on peut se dire que c’est carrément un sport de « vieux » ou de « perchés »: on se bouge pas trop et ça empêche les varices.

Le deuxième problème est qu’en Occident on a tendance à séparer le mental du physique: le yoga est ainsi perçu comme une des nombreuses manières de perdre du poids et/ou d’avoir un ventre plat. Mais on entend un peu moins parler du yoga comme d’une aide au développement personnel et d’une initiation à la spiritualité. C’est vrai que si l’on tombe sur des articles sur le yoga vantant son bienfait dé-stressant et à quel point il nous aidera à équilibrer les deux hémisphères de notre cerveau, on a très vite du mal à s’imaginer ce que ça pourrait bien apporter à notre quotidien. On est tellement obsédée par notre poids, que l’on oublie d’écouter son corps et ses émotions. A force de pratiquer, je pense que le mental y est beaucoup dans notre bien-être physique.

Le yoga, une spiritualité avant tout !

Le yoga a perdu une partie de son sens en arrivant Occident et surtout en France. Il s’est adapté à sa population et pour cela il lui a fallu délaisser l' »esprit » et se concentrer sur le « corps ». Moi même pensait que le yoga n’était qu’un « sport » comme un autre à faire pour s’affiner et être plus zen. Je ne saurais dire à quel moment précis j’ai compris que le yoga était bien plus que de simples asanas. J’imagine que cela s’est fait de manière progressive à travers ma pratique, mes échanges avec les profs et toutes mes lectures. J’avais envie de savoir pourquoi le yoga était si populaire en Inde. Quelles sont les bénéfices de telle ou telle posture. Pourquoi les yogis mangent assis ? J’étais curieuse et à la fois, je sentais un changement se faire en moi.

Et puis, à force d’entendre parler de bien-être lors de mes cours, mon inconscient a capté ces mots et ces énergies et m’a en quelque sorte poussé à revoir mon mode de vie. Je me disais que ce serait dommage de gâcher 1 heure de yoga en regardant BFM tv. Petit à petit, je suis devenue plus attentive à ce qui m’entourait et à cette nourriture qui avait pour but premier de me régénérer. Sans que je m’y attende, je suis devenue addict au yoga.

Ce qui m’a attiré dans le yoga est sa particularité à ne jamais m’ennuyer. Les cours ne se ressemblent jamais et j’aime à penser que chaque professeur est différent et nous partage un peu de sa façon de voir la vie. Et puis, on a toujours des challenges dans la vie, et la pratique nous permet de souhaiter ce que l’on veut, de nous recentrer et de n’attendre que le meilleur. J’ai compris qu’on ne faisait pas seulement du yoga, on vit yoga. On adopte un nouveau mode de vie. Une nouvelle éthique. De nouvelles valeurs.

La spiritualité du Yoga

Revenons à la définition du Yoga pour que ce soit clair pour tout le monde. Il est composé de 8 étapes:

La spiritualité n’est pas un système religieux ou une philosophie culturelle. Elle est une fonction naturelle vivante de l’être humain. Elle est indépendante de toute croyance, religion ou dogme. Elle consiste à reconnaître l’existence de notre Moi véritable, de notre ESSENCE, et à apprendre à nous laisser guider par elle. C’est donc la découverte d’une autre dimension de nous-même, une partie lumineuse, puissante et grandiose, qui ne demande qu’à être développée par l’expérience. – Alain Boudet, Dr en sciences physiques, thérapeute, enseignant

Ce n’est pas que pour les illuminés !

Le yoga pâtit de ses clichés alors que c’est une discipline qui conviendrait à tous et qui mériterait d’être davantage montrée dans les médias mainstream. Je me dis souvent que si tout le monde faisait du yoga, le monde irait mieux. Si vous débutez le yoga pour votre bien-être physique, c’est déjà super. Le plus dur étant de faire le premier pas et de s’y mettre réellement. Ensuite, que tu crois en Dieu, en l’Univers ou en rien du tout, cela n’a aucune importance. Le yoga nous aide avant tout à croire en nous. Le yoga est une activité dédié à notre « intérieur ». Le yoga ne cherche pas à nous enfermer dans des cases que l’on ne souhaite pas. C’est d’ailleurs tout l’inverse. Il y a autant de yoga que de yogis/yoginis. Il nous aide à devenir les personnes que l’on veut être et à se dépasser: que ce soit sur le tapis en essayant des postures de plus en plus dur, ou dans nos projets personnels afin d’accomplir notre mission de vie.

Honore et respecte toutes les religions, toutes les représentations de Dieu, et tous les lieux saints. Prie dans chacun de ces lieux avec la même révérence profonde, que ce soit dans un temple, un ashram, une synagogue, une église ou une mosquée.

Il y a un dernier point que j’aimerais aborder mais qui me semble difficile puisqu’il est facile de juger. Beaucoup autour de moi pensent que pratique le yoga est comme abandonner sa religion. Personnellement, je ne pense pas mais chacun voit la chose comme il le souhaite. Si sa religion lui apporte une certaine spiritualité qui l’apaise alors peut être qu’ils n’ont pas vraiment besoin de yoga. Mais ceux qui suivent une quelconque religion, sont-ils vraiment spirituels ? Beaucoup ne font que suivre les règles en oubliant le plus important, la paix intérieur que peut apporter la religion.

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