Jusqu’à mes 24 ans, je ne m’étais jamais vraiment posée de questions sur la société, sur moi, sur ce que je voulais faire. Je le savais déjà, ou du moins je le pensais. Je voulais un diplôme d’une grande école, un CDI, un appart puis le mariage et le bébé ! J’imagine que beaucoup pensent la même chose que moi et que beaucoup suivent exactement ce chemin-là.

Qu’est-ce-qui a changé à 24 ans ?

generation perdueEh bien j’ai voyagé ! J’ai fait une année de césure dans le cadre de mes études afin d’aller au Venezuela. C’est là-bas que j’ai rencontré toutes ces personnes aux personnalités originales et qui l’assumaient. Des personnes qui suivaient leur passion et qui persévéraient pour réussir.

Comme toute bonne chose a une fin, j’ai du quitter mon pays de cœur. Mais, je suis retournée en France avec la ferme intention de savoir ce que je voulais faire. Et malheureusement, j’ai su que ce n’était pas du tout, mais alors du tout, ce que j’étudiais dans mon école… Inutile de vous dire que j’ai passé une année de merde ! J’ai bien hésité à arrêter mais la pression de la famille et de la société a été beaucoup plus forte. Il fallait absolument un diplôme pour trouver un travail. (Pas vraiment vrai d’ailleurs mais évidemment plus facile en France…)

Dès l’obtention de mon diplôme, je suis partie au Sri Lanka. Il fallait absolument que je parte loin pour me trouver.

Et c’est grâce à mon entreprise que j’ai vraiment appris à connaitre mes forces et mes faiblesses, ce que je préférais faire et, par conséquent, ce que je ne voulais plus faire.

Un avenir compliqué ?

Entre angoisse et optimisme, notre génération se retrouve a vouloir la sécurité mais surtout a accomplir ses rêves. Les média nous rabâchent sans cesse que la situation économique est mauvaise: chômage et précarité.

De plus, on a grandi avec une génération qui a économisé toute sa vie pour investir dans une belle maison où ils pourront recevoir tous leurs petits-enfants. Un malaise se crée entre les deux générations. Nos parents qui nous disent ce qu’on doit faire et la société qui nous montre qu’elle est en train de changer. Et nous qui souffrons de schizophrénie car nous ne savons plus quoi faire.

Retraite et immobilier. Retraite et immobilier. Retraite et immobilier…- petite voix dans ma tête

Le soulagement lorsque j’ai compris que je n’étais pas la seule dans ce cas la.

Je vivais depuis un an au Sri Lanka avec un groupe d’amis ayant eux aussi tout quitté pour partir à l’aventure et vivre de nouvelles choses. Un groupe de potes qui se comprenait, un peu perdu face à l’avenir mais conscient des défis qui nous attendaient. 

Et là, catastrophe ! J’ai pris la décision de retourner en France pour les vacances. Enfin, ne vous méprenez pas, c’était génial de revoir ma famille et mes amis. Mais il y avait un tel décalage. Je me suis retrouvée avec des parents qui me mettaient une pression folle pour « revenir sur terre » et des amis qui travaillaient d’arrache-pied pour payer leurs prêts bancaires ou pour investir dans l’immobilier. Eh oui, 30 ans de dettes pour une maison. Non mais vous vous rendez compte ? Plus de voyages, plus de sorties et plus de chocolat ? C’est serrage de ceinture pour un long moment… :O

Alors pendant un moment ça m’a fait réfléchir, c’est vrai. Mais en réalité, je n’ai absolument pas envie de passer les 30 prochaines années de ma vie à me restreindre pour payer les crédits d’une maison. Après tout, est-on vraiment heureux quand on achète une maison ?

Les personnes qui décident de tout quitter pour vivre de leur passion ou de faire le tour du monde m’inspirent énormément. C’est ça que je veux. Et je pense que c’est ce que veulent beaucoup de jeunes de mon âge…

Le Travail 

J’ai pas mal de choses à dire sur ce sujet alors je vais essayer d’organiser ma pensée ! (ce qui est un exercice difficile pour moi…)

Travail ou Bonheur ?

J’ai l’impression quon nous dit depuis toujours que le travail ne peut nous apporter que de l’argent et pas le bonheur. Qu’on doit forcément ne pas aimer son travail (voir tous les articles sur le burn out). Que le travail est uniquement une source financière. Sauf qu’en fait non ! Je ne veux pas me résoudre a me lever tous les matins pour faire quelque chose qui ne me rend pas heureuse.

Alors je ne dis pas que personne sur la terre entière du monde entier va à reculons au travail mais je pense qu’il y a une grosse majorité qui n’est pas très heureuse, en effet.

Les petites entreprises privilégiées

En parlant avec plusieurs amis qui se trouvaient dans le même flou professionnel que moi, je me suis rendue compte que certains ne voulaient plus travailler pour les grandes entreprises. Trop de procédures ! Trop de stress ! Peu de reconnaissance !

Primo, ils préfèrent les entreprises qui ajoutent une réelle valeur à la société. Segundo, les petites entreprises qui donnent plus de responsabilités et avec une équipe plus jeune ! Bien évidemment, quand on trouve un boulot…

Un de mes colocs Pakistanais m’a dit quelque chose qui a complètement changé ma recherche d’emploi.

« Recherche un boss avec qui tu aimerais travailler au lieu de te focaliser sur le nom de l’entreprise. Travailles pour quelqu’un et non pour quelque chose. » – Mon coloc que j’adore !

Le phénomène du lundi

On s’est tous déjà dit « je n’ai pas envie de retourner bosser cette semaine », « le weekend est passé trop vite », « vendredi se fait désirer », bla bla bla…

Bah ouais mais moi ça me saoule qu’on vive dans une société où l’on doit détester les lundis et attendre avec impatience les vendredis ! Et ça me saoule aussi qu’on attende nos quelques semaines de vacances par an pour pouvoir être heureux !

Les études

Last but not least, les études !

J’ai eu un parcours assez classique: j’ai eu mon bac, je suis allée en prépa et j’ai intégré une école de commerce.

Sauf qu’à l’époque, je sentais déjà que ce n’était pas pour moi mais je n’avais pas encore la maturité ou les balls de dire stop.

A l’époque, la fac avait très mauvaise réputation alors tout le monde voulait faire une école. Et une école qui coûte un bras. D’ailleurs, c’est à ce moment là que toutes les banques nous proposent leur crédit spécial étudiant. Bon j’avoue que moi, j’ai fait une école semi-publique, donc les frais de scolarité étaient beaucoup moins élevés. Mais j’ai tellement d’amis qui doivent travailler pendant les 3 années post diplôme pour payer leur prêt…

Ce qui me gênait le plus dans mon école, c’est que quasiment 65% des diplômés faisaient le même métier. Quelques mois avant la fin de mes études, j’étais carrément angoissée. Comprenez bien que s’ils sont heureux a faire ce métier, tant mieux. Comment je fais moi maintenant si je ne veux pas devenir consultante ? Comment je fais si je ne veux pas devenir comme les autres ?

Aparté musicale: tout ça me fait penser à la chanson de Nekfeu, nique les clones. A écouter !

J’ai enfin démissionné !

A l’aube de mes 27 ans, je m’apprête à continuer l’aventure ailleurs car j’ai enfin décidé de démissionner de mon poste au Sri Lanka. J’aimais assez ce que je faisais (pas tout) mais je n’avais pas l’impression d’être utile pour le monde. J’avais l’impression que c’était superficiel…

J’ai eu pas mal de doutes, je suis revenue sur ma décision des centaines de fois mais j’ai finalement sauté le pas. Mes amis ne me prenaient d’ailleurs plus au sérieux tellement je changeais d’avis toutes les deux heures. On ne va pas les blâmer, j’ai mis 6 mois pour me décider…

Et puis, j’avais envie de changer d’air, de voir ailleurs ce qu’il se passe et de vivre une nouvelle vie. Je ne sais pas comment fait mon père qui est dans sa boite depuis plus de 30 ans…

Pour prendre ma décision, j’ai pesé le pour et le contre:

  • pour: stabilité de mon emploi et revenu régulier mais pas vraiment heureuse.
  • contre: chômage (avec la probabilité que ça dure un moment) mais heureuse car je pourrais chercher un travail qui me plait vraiment!

Je sais que revenir en France sera difficile car j’aurais cette pression m’incitant à trouver un CDI et de devoir m’installer pour de bon. D’ailleurs mon papa me dit toujours au téléphone:

C’est bon ma fille, maintenant ça suffit de s’amuser ! Faut que tu penses à chercher un vrai CDI et à souscrire à une mutuelle – mon papa

Parce que, oui, mon papa pense que voyager c’est plus de l’amusement qu’autre chose. Il ne doit pas être le seul à penser ça. De temps en temps, il me parle aussi d’investir dans l’immobilier. Mais une fois sur deux seulement… Je vais pas me plaindre !

Je pense que je me retrouve dans une génération ou le monde est ouvert à nous, le voyage plus facile et qu’on ne veut pas forcément être attaché à un unique pays. On ne veut pas non plus être attaché au même emploi: on veut apprendre et vivre de nouvelles expériences. On veut pouvoir partir mais aussi revenir quand on le veut ! On veut aussi être heureux dans ce qu’on fait et se rendre compte qu’on a un réel impact sur la société…

experience generation

Parfois, j’ai l’impression que c’est un caprice de petite fille. Que je rechigne à faire des choses que je dois faire. Que je dois forcément être pragmatique mais malheureuse. L’école nous apprend toujours qu’on ne peut pas tout aimer, qu’on ne peut pas toujours faire ce que l’on veut. Mais bon, moi je suis à fond avec Nietzsche :

On est tous faits pour quelque chose et on doit tous être libre de se diriger vers cette chose sans qu’un asservissement extérieur ne nous en empêche ou nous en dissuade… – un truc dans le genre qu’aurait dit Nietzsche

Sur ces belles paroles, je vous laisse 😉

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