Je me suis souvent demandée pourquoi j’avais envie de voyager. Et certaines personnes me demandent elles aussi pour quoi j’ai tant envie de voyager. C’est difficile de mettre des mots sur ce que le voyage nous apporte. En vadrouille, je ne fais que vivre le moment présent. J’oublie tout. Ce n’est qu’à mon retour à la vie « normale » que je me rends compte que je me suis transformée. Que j’ai évolué. Que je me connais…mieux.

Partir en voyage ou s’expatrier sont deux modes différents mais dont les bienfaits sont similaires. Dans les deux cas, on perd ses repères, on se retrouve « seul » et on se confronte à une culture totalement différente de celle que l’on connait.

L’urgence de vivre maintenant !

La première chose à laquelle on dit « au revoir » en voyage est notre chère routine à laquelle on tient tant et qui peux parfois épuiser. Mais aussi à notre télévision. Ce n’est qu’en ayant une discussion avec un chauffeur Uber que je me suis rendue compte du fait que mon mode de vie avait changé. Je ne reste plus chez moi à regarder la télé et à attendre que la vie passe. J’appelle des amis, je fais du sport et j’apprends. Tous les jours. Avec une certaine peur que mes journées soient perdues et qu’elles ne m’apportent rien. Mon retour en France ne m’a pas replongé dans mes anciennes addictions. Loin de là.  Tout ce que je voulais, c’était vivre toutes les expériences que je pouvais vivre et ne plus m’empoisonner l’esprit avec les conneries qu’on peut dire à la télé.

En France, il est inconcevable pour certaines personnes de se passer de leur télé. Je me souvient étant petite dire que je ne pouvais pas vivre sans télé chez moi. Aujourd’hui, je me rends compte que si et que c’est même mieux de vivre sans. Je rencontre de nouvelles personnes pour aller boire un verre, je voyage et je fais du sport: je remplis ma vie d’activités qui me rendent heureuse.

Les voyages m’ont appris à sortir de ma zone de confort et de faire des activités que je n’aurais sûrement pas faites si j’avais été en France et si j’avais eu la télé pour me distraire. On apprend que la vie est un jeu et qu’il faut oser faire des choses qu’on ne ferait jamais avant par peur du ridicule ou du rejet.

Etre conscient des challenges qui se jouent en dehors de nos frontières

Le monde ne tourne pas autour de notre petite personne et il y a des choses bien plus grave qui se passent que Selena Gomez qui s’est remise avec Justin Bieber (ils sont quand même super mignons ensemble). Le meilleur moyen pour être au fait des challenges que peuvent vivre d’autres personnes dans d’autres pays est de voyager. Nos problèmes deviennent tellement insignifiants et on développe cette empathie que l’on a tous mais qu’on oublie dans notre société individualiste.

Ce n’est qu’en vivant avec mes colocs Pakistanais que j’ai découvert une autre facette des mariages arrangés. Ça, c’est le genre de truc qu’on ne croise pas forcément en France. De même pour le bouddhisme. Le multiculturalisme français est réellement une chance. On rencontre des personnes de différentes origines qui partagent avec nous leur façon de voir la vie: on est tellement chanceux. A l’instar du Sri Lanka qui n’est absolument pas multiculturelle et qui souffre de l’ignorance de sa population. Peu d’entres eux savent ce qu’il se passe en dehors de leurs frontières. Ils sont remplis de clichés, bons ou mauvais et parfois à la limite du racisme. Une amie Sri Lankaise n’était même pas au courant de la situation Israélo-palestinienne. D’autres pensent que tous les musulmans ont quatre femmes, torturent leurs servantes et sont riches comme les rois du pétrole. Lorsque le seul exemple d’Islam qu’ils ont vient d’Arabie Saoudite et entendent divers témoignages des Sri Lankaises qui y racontent leur calvaire, on comprend facilement leur « haineux » envers la minuscule communauté musulmane de leur pays. L’école ne remplit pas son rôle de former sa jeunesse à avoir un esprit critique.

Arrêtez le jugement et les étiquettes

On a tendance à très rapidement juger les gens pour ce qu’ils représentent alors qu’ils sont bien plus compliqué que ce que l’on peut penser au premier abord. Je suis convaincue que l’on peut apprendre de tout le monde mais qu’il faut juste savoir le voir. Les occidentaux sont quand même super polis. Ils adorent dire « merci », « s’il vous plaît », bla bla bla. Et on en vient à penser que c’est la norme. Que ceux qui ne le disent pas sont forcément malpolis, de mauvaises personnes. Et bien c’est tout faux. Au Sri Lanka, la population est très rarement polie. Je ne parle pas des Sri Lankais qui font partie de la haute société ni ceux qui travaillent dans le tourisme. Non, je parle des sri lankais de la vie quotidienne, qu’on ne rencontre que lorsque l’on vit dans le pays. Eux, ils vous poussent dans les transports, vous marchent dessus et ne disent même pas « bonjour » au supermarché.

Ce n’est qu’en parlant de ça avec une collègue à moi que je trouve très douce qui m’a dit qu’elle était pareil. La société n’est pas « poli » mais qu’il fallait voir au-delà de ça. On ne va quand même pas se mettre à penser que tout un peuple est mauvais car il ne dit pas « merci ». Ce sont NOS normes occidentales et elles ne font clairement pas offices de règles. Et heureusement, sinon tous les pays se ressembleraient et il ne serait pas aussi beau qu’il l’est déjà.

Apprendre à demander de l’aide

Depuis que je suis petite, j’apprends à l’école qu’il me faut être autonome, que je dois connaître mes leçons par cœur et que faire des erreurs c’est mal (je ne commencerais pas un débat sur le système éducatif français….). Je me suis rendue compte de ma difficulté à parler de mes problèmes aux autres en deux étapes. La première au Venezuela et la seconde au Sri Lanka.

Les vénézuéliens sont un peuple très solidaire. Ils ont l’habitude de demander de l’aide aux autres pour tous types de choses: que ce soit à l’école ou dans la vie quotidienne. Si quelqu’un a besoin d’un médicament, il ne va pas hésiter à le dire sur ses réseaux sociaux afin que sa communauté l’aide. Et cette communauté va l’aider. Il ne va pas rester sans réponse. Si quelqu’un a besoin de quoique ce soit, vous pouvez être certains que ses amis ou les amis de ses amis vont l’aider. A la sortie de la fac, les étudiants faisaient régulièrement de l’auto-stop. Un arrêt dédié aux étudiants d’attendre patiemment avec une pancarte une voiture qui les amènerait jusqu’à leur quartier. J’ai fait quelques belles rencontres en utilisant moi-même ce service.

L’erreur que j’ai faite en arrivant à Caracas est que je pensais que je réussirais à me débrouiller seule. Et j’ai eu totalement tort. Ne serait-ce que pour trouver un appart ou pour faire les interviews durant mes études, je ne pouvais pas faire tout cela seule. En France c’est possible mais cela ne fonctionne pas de cette manière partout. Du coup, j’ai dû apprendre à demander de l’aide. Et à partir de ce moment là, je n’avais plus de problèmes. Si je disais à un ami que je ne savais pas ou aller ce weekend, il me mettait en contact avec une personne de son entourage qui faisait une fête ou qui allait voyager. Les vénézuéliens parlent de leurs sentiments ouvertement. Ils n’ont pas peur de demander de l’aide car ils savent qu’à plusieurs on est plus fort.

Au Sri Lanka, j’ai passé 1 an et demi à travailler et j’ai compris que je ne pouvais pas tout savoir…même après mes études. Je m’étais mis une pression folle alors que le but était simplement d’apprendre de ces erreurs. Je pense par contre que le fait de travailler dans un management anglo-saxon favorise la prise de risques.

Aujourd’hui, donc 3 ans plus tard, je n’hésite pas à dire à mes amis que je recherche un emploi et je suis agréablement surprise par le nombre de personnes qui souhaitent m’aider.

Se défaire de la pression de la société

A l’étranger on peut devenir qui l’on veut. On peut se construire comme on le souhaite et pas comme on voudrait que l’on soit. J’ai compris qu’il y avait certaines choses que je faisais car la société me disait de les faire. Partir à l’autre bout du monde m’a délié de ces chaines que j’avais accepté inconsciemment d’avoir: que ce soit ma famille, mes amis ou l’école. Après mes études, il était cohérent pour moi de trouver l’homme de ma vie et de décrocher le fameux CDI. Alors qu’en réalité, non. Il existe autant de chemins de vie que de personnes sur cette planète. Il faut faire les choses qui nous rendent heureux. Et si on se rend compte plus tard que c’est une erreur, on saura au moins que ça a été notre erreur.

On apprend toujours et on évolue

L’apprentissage ne s’arrête pas après avoir obtenu notre diplôme. Nous ne sommes pas un produit fini. Nous sommes des êtres humain en constante évolution. Les voyages m’ont permis de travailler sur moi-même, d’ajouter des cordes à mon arc en apprenant de nouvelles choses et en vivant de nouvelles expériences. Au Venezuela, j’ai appris à prendre chaque jour comme un nouveau défi et à faire de celui-ci un moment unique dans ma vie. J’essaye de briser la routine via de petites actions comme changer de resto, envoyer un message à un ami que je n’ai pas vu depuis longtemps, ou autre. Le Sri Lanka m’a fait découvrir le yoga et la méditation. Merci !

Pour conclure, je veux juste vous encourager à faire des voyages et à essayer de sortir de votre zone de confort le plus possible. Vous ne verrez peut-être pas les effets clairement mais vous vous rendrez compte que vous avez changé, grandi !

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