Tout allait bien dans ma vie. J’étais heureuse à tous les niveaux. Et je pratiquais le yoga régulièrement. Je pratiquais surtout pour être plus souple, plus forte et faire de jolies asanas qui gonflent l’ego. Je n’en suis pas à publier mes postures sur insta et de toute façon ce n’est pas quelques choses que j’ai envie de faire mais ça faisait tellement du bien de voir la progression et de se dire qu’on peut y arriver.

Il n’y a aucun problème à vouloir améliorer ses postures. C’est challengeant et ça fait parfois du bien au moral. La limite c’est, est-ce-que c’est suffisant dans notre vie de tous les jours ? Est-ce-que ça nous permet de mieux nous connaître ? Est-on plus dans la réaction plutôt que l’action ? Écoutons-nous notre corps ou notre mental qui est tellement influencé (souvent négativement) par notre inconscient et notre passé ?

Le seul problème des postures et de ne se focaliser que sur ça. Le yoga est tellement plus complet. Ce n’est pas un « sport » mais un style de vie auquel on peut se rapprocher quand on traverse une période de turbulences. Ça me rappelle que dans un post précédent j’avais définit le yoga comme un sport. J’avoue que j’ai un peu la flemme d’aller le modifier. Et puis je préfère le laisser comme ça parce que ça témoigne de mon évolution :). Pratiquer seulement les asanas ne nous permettent pas de gérer nos émotions si on ne va pas bien. C’est même plutôt une corvée pour moi si je n’ai pas le moral. Quand j’ai envie de pleurer, j’ai davantage envie de me mettre sous ma couette que d’aller faire des salutations au soleil ou des dancer pose.

C’est lorsque des problèmes ont surgit dans ma vie (à cause de moi, en partie) que je me suis rendue compte que mon yoga n’était pas assez profond. Que je pratiquais mais que sa philosophie ne me permettait pas de gérer mes émotions et de fermer sa bouche à mon mental qui me soufflait tellement de choses négatives. Mon anxiété s’est aggravée de la manière la plus forte avec des pleurs et des attaques de paniques et je n’ai absolument pas su comment réagir à ça.

Mis à part le fait de savoir gérer ses réactions, il y a aussi le fait de pouvoir se reposer sur des croyances pour pouvoir traverser ces orages de la manière la plus saine possible. Si on ne croit pas que la vie joue en notre faveur et qu’elle nous protège, je ne sais pas comment je ferais. Je ne cherche pas à imposer ma manière de voir les choses mais c’est celle-ci qui m’a permis d’accepter certaines choses que je ne pouvais pas changer et de me « rendre ».

Les asanas ne sont pas une fin en soi mais seulement un moyen. Un moyen de calmer l’esprit pour écouter son corps et son cœur. Et le but n’est pas de s’écouter seulement sur le tapis mais dans la vie de tous les jours. Sinon, ça sert pas à grand chose. En vrai, c’est seulement de la gymnastique. Et le fait de voir toutes ses instagrammeuses faire des postures de ouf n’aide pas. Même si elles mettent des citations super inspirantes et qu’elles disent qu’il ne faut pas être leurrer par la photo et que le yoga n’est pas seulement des postures, inconsciemment, c’est un message différent qu’elles renvoient. Je ne remets pas du tout en cause ce qu’elles font et peut-être qu’elles le pensent vraiment. C’est juste que moi, ça m’a influencé de cette manière.

Mais aujourd’hui, c’est différent. Du moins, depuis des mois. Puisque je ne m’attache plus du tout à progresser dans les postures. Si je vois que je m’améliore, j’en suis contente sinon, je continue ma vie tranquillement (de toute façon si on pratique régulièrement, on fait forcément des progrès). Mais le vrai succès réside ailleurs pour moi: dans le fait de pouvoir répondre avec amour à une situation compliquée, d’être capable de contrôler mes émotions et d’écouter mon cœur plutôt que ma tête. Parfois, j’y vois même un jeu, un challenge. Ça me permet de dédramatiser et de prendre de la hauteur.

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