Dès mes premiers pas en tant que végétarienne, c’est comme si j’avais réuni une conférence de presse imaginaire et que tout le monde me posait des questions à tout va !

veganismeVous imaginez la scène ? Des dizaines de personnes qui vous questionnent sur l’économie, la santé, le bien-être, l’antispécisme, l’extrémisme vegan… des chiffres, des chiffres et encore des chiffres. Je devais tout savoir sur tout. Si j’osais dire « je ne sais pas » alors ma crédibilité de végétarienne s’effondrerait.

Si je suis devenue végétarienne puis vegan, ça a tout simplement été car je faisais attention à ma santé et que j’avais vu passer quelques articles sur la consommation de médicaments par les animaux. Mais ça ne s’est pas arrêté à là. J’ai regardé quelques vidéos glanées sur le net et là je me suis dit « ah ouais va falloir arrêter la viande ma cocotte ! ».

Et puis, plus le temps passait plus je ne voyais plus l’intérêt de tuer les animaux pour ma consommation personnelle et surtout je ne pouvais plus être complice de leur souffrance.

Comme je l’avais mentionné dans un article précédent, je suis devenue végétarienne du jour au lendemain. Donc vous imaginez bien que je n’ai pas pu avoir toutes les infos du monde entier de la vie entière sur le pourquoi du comment il fallait être vegan.

Manque de connaissance sur le veganisme

Même si je m’étais renseignée sur les bienfaits du veganisme, je n’avais aucunes connaissances poussées. Les arguments et les chiffres scientifiques ne se sont pas introduits magiquement dans ma tête lorsque j’ai récité l’incantation pour devenir vegan. 

Après, je trouve ça normal que lorsque l’on change d’un coup, nos amis se posent des questions. Sinon ça ne serait pas des potes… Surtout qu’ils en entendent de plus en plus parler (pas forcement en bien d’ailleurs).

Au début, quand je leur répondais, je ne me sentais pas forcément très en confiance. C’est comme si tout l’avenir du veganisme reposait sur mes épaules. Que si je ne répondais pas bien, je servirai mal cette cause et mes amis penseraient que c’est juste une mode qui me passera. Vous vous rendez compte de la pression ?

Mais bon, ça allait puisque j’ai des amis chouettes et qu’ils n’essayent pas forcement de me piéger. Et ils ont déjà entendu parler du veganisme et comprennent que ce n’est pas mauvais ! Et puis moi ça me permettait d’apprendre au fur et à mesure. 

Par contre, il ne faut pas rêver, ça ne se passait pas toujours. J’ai rencontré pas mal de personnes qui me jugeaient car je n’avais pas réponse à toutes leurs questions. Bah ouais, faut bien rencontrer des cons de temps en temps ! Si je ne pouvais pas savoir combien de pourcentage d’eau l’agriculture consommait, comment justifier le passé omnivore des hommes ou pourquoi les lions, eux, mangent de la viande, alors là j’étais cuite !

En gros, j’étais une meuf perdue dans sa vie qui se cherchait en devenant vegan !

Au final, toutes ces conversations ont fini par me faire me sentir mal. Comme si je n’étais plus forcément légitime de porter la « carte » vegan. Comment pourrais-je dire que je suis vegan alors que je ne sais pas tout du veganisme ?

Je suis un peu la nana qui se dit quelques heures après le débat: « Mais mince, j’aurais dû lui dire ça ! »

Pour ne plus être à court d’arguments face à ces personnes qui testent mon niveau de vegan, je me suis mise à lire tous les articles sur le veganisme et l’antispécisme. Je me suis mise une pression énorme afin d’être prête pour les prochains débats.

Sauf que je me suis oubliée et j’ai davantage pensé à ce que pouvait penser les autres de moi qu’à mon bien-être et aux raisons initiales de mon veganisme.

Une vegan pas du tout parfaite… 

A chaque repas, c’est la même histoire. A chaque sortie, c’est la même histoire.

Mais tu manges des œufs ?

Mais tu manges des produits laitiers ?

En fait, je l’avoue, je ne suis pas du tout une vegan parfaite. En tout cas on ne me décernera pas la médaille de la meilleure vegan.

Ouais parfois je mange des gâteaux qui contiennent des œufs. Ouais parfois je mange de la Danette parce que j’adore ça. Et désolée, je ne connais pas le pourcentage de kilo de déchets du à l’agriculture. Mais je me soigne. Je fais de mon mieux. Je diminue petit à petit même s’il est vrai que parfois j’aime prendre des frites à la sauce cheddar.

Mais tu manges du fromage ? ». Bah ouais les amis !

C’est comme s’il n’y avait pas de demi-mesure: soit je suis vegan soit je ne suis qu’une jeune femme qui se cherche encore.

Bon, au bout d’un moment j’ai arrêté de me culpabiliser et d’y aller a mon rythme. On s’en fiche de ce qu’ils peuvent bien penser, non ?

Pourquoi s’attend-on à ce que l’on connaisse tout ?

Pourquoi devrais-je tout connaître sur le veganisme alors qu’eux ne connaissent pas forcement tout sur la viande ? 

Plusieurs fois je me suis retrouvée face à des personnes de mauvaise foi. Des personnes qui voulaient absolument me faire changer d’avis et me démontrer par A+B que le veganisme, c’est de la merde !

J’ai un peu réfléchis à la question et je pense que comme c’est perçu comme une nouveauté, ils attendent de nous que l’on sache tout sur tout afin de leur prouver, justement, que le veganisme ce n’est pas de la merde. Si on ose ne pas avoir toutes les réponses, alors cela leur prouverait, peut-être, que le veganisme n’est qu’une mode. 

Tout ça pour dire que pour leur prouver que ce n’est pas seulement une mode d’un moment, il faut pouvoir avoir réponses à toutes leurs questions. En tant que vegan, on se doit de prouver la légitimité de cette nouvelle lubie alimentaire.

Mais moi je n’ai pas toutes les réponses à leurs questions. Ou en tout cas je ne les avais pas au début de ma transition. Et je m’en fiche !

Se focaliser sur le plus important: la souffrance animale…

J’étais en pleine période de crise nutritionnel lorsque je suis devenue végétarienne. J’avais lu ici et là que la viande. C’était mal. Et c’est à cette période qu’une amie m’a parlé de la souffrance animale. Les images m’ont davantage parlé que les dizaines d’articles que j’avais lus. Je ne pouvais plus être complice de cette barbarie.

Alors même si je ne connaissais pas tout du veganisme ou du végétarisme, j‘en savais assez pour arrêter de manger de la viande. Je ne pouvais pas simplement fermer les yeux sur ce qu’il se passait dans les abattoirs.

Vegan pour les animaux et c’est tout !

J’ai finalement accepté de ne pas tout connaître du veganisme. Enfin ! J’ai arrêté de me prendre la tête. Si je ne butte sur une question, je me renseigne plus tard et je n’en ai plus honte !

J’ai vu beaucoup d’articles du type « ce qu’il faut savoir avant de devenir végétarien », « les 5 challenges des végétariens », blah blah blah… Aussi intéressants qu’ils soient, ils me font parfois culpabiliser de ne pas connaître. J’aimerais bien des articles du genre « 5 choses à savoir avant de manger de la viande ». Comme ça ce sera « 1 partout, la balle au centre ». 

Au final, le plus important dans tout ça, reste d’apprendre de l’autre et de comprendre la cause qu’on défend. Parce que même si ces personnes me posent des questions auxquelles je n’avais pas pu répondre sur le moment, je sais qu’aujourd’hui je saurais répondre à celle qui me le posera au prochain débat. Au-delà de tout ça, ces échanges me confortent encore plus dans mon choix d’être devenue végétarienne puis vegan.

Maintenant, c’est le moment de se détendre et de me remémorer les questions les plus drôles que l’on m’a posés. Comme quoi des débats peuvent être funs des fois !

Est-ce-que tu acceptes de tuer des cafards ou des moustiques ?

(quand tu vis au Sri Lanka, c’est difficile de lutter contre l’envie de tuer ce moustique qui t’a empêché de dormir :D)

Tu sauverais un enfant ou une vache si tu n’avais qu’un choix ?

Le fait de toujours placer les hommes au-dessus des animaux non-humains me gonflent. On peut très bien faire le choix d’aimer les deux et de vouloir le bien-être des deux.

Bah si t’es végétarienne, autant être vegan, non ?

Après plus de deux années de végétarisme et un début de veganisme, j’ai eu le temps de me renseigner sur ce mode de vie. Je connais davantage de choses et je suis plus à même de justifier mon choix lorsqu’on me le demande.

Sauf que plus ça va et moins j’ai envie de me justifier. Au final, je fais ce que je veux et je n’ai absolument pas besoin de quelqu’un pour valider si j’ai les connaissances suffisantes ou non pour être vegan. Bien sûr, si j’ai un ami qui veut vraiment en parler, je serais carrément dispo. Mais je ne suis absolument pas la porte-parole du mouvement vegan.

D’ailleurs, j’en apprends tous les jours sur le veganisme et le plus important c’est de bien se renseigner afin de ne pas manquer de nutriments importants.

Allez voir les vidéos de Jihem Doe, elles sont vraiment sympas !

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