Alors la pression sociale, c’est tout nouveau pour moi et je ne sais absolument pas la gérer. Dois-je écouter les autres ? Dois-je m’écouter alors que j’ai du mal à choisir mon déjeuner ? Suis-je certaine de vouloir prendre cette décision ?

A 25 ans, j’ai dit bye bye à la France pour aller m’installer au Sri Lanka. Sauf qu’à maintenant 27 ans, j’ai décidé d’y retourner. Alors que j’étais encore à quelques semaines du départ final, j’entendais déjà les innombrables remarques sur ma situation professionnelle/sentimentale. Sur ma vie quoi !

Tu penses à te poser un jour avec quelqu’un ?

Tu vas te trouver un nouveau boulot ?

Faudrait que tu penses à investir, c’est le meilleur moment maintenant !

Ce serait possible de me laisser tranquille pour essayer ?

Du contrat de l’adulte qui doit se comporter comme un adulte…

Pour en revenir à mon histoire, je n’avais ressenti aucune pression sociale auparavant si ce n’est celle de mon entourage qui me disaient à quoi devra ressembler ma vie plus tard, lorsque je serais une « vraie adulte ». (la famille, c’est parfois la pire conseillère)(quand on a peur pour ses enfants, on leur conseille pas forcément la meilleure chose)

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai 27 ans et apparemment je suis devenue une adulte. Je n’ai pas eu de célébrations pour ça. Personne ne m’a prévenu. Même pas un email « hey félicitations tu es une adulte maintenant, alors va te chercher un mec sérieux et trouve un CDI ». Bref, la société a décrété que j’étais une « adulte » et que je devais désormais me comporter en tant que telle. Sauf que bon, j’ai pas signé de contrat, je n’ai pas du tout donné mon consentement. Et en plus, ça veut dire quoi ça « être adulte » ?

Est-ce-que je dois arrêter de voyager ?

Commencer à remplir ma fiche d’impôt ?

Trouver l’homme de ma vie comme ça, maintenant, tout de suite parce que c’est le « moment » ?

Pression sociale №1: trouver un endroit et y rester

Apparemment dans le contrat de l’adulte normal, il faut se choisir un endroit et y rester. Donc pour tous ceux qui voulaient s’installer dans différents pays (comme moi), sachez qu’il est trop tard. En tout cas si vous êtes seul(e). Parce que bon, soyons honnêtes, changer de pays tous les 6 mois ne facilite pas les relations sentimentales.

En ce qui me concerne, j’ai bien l’intention de continuer à voyager jusqu’à ce que je ne puisse plus. Quand on a attrapé le virus du voyage, c’est incurable. Pas de traitement. Lorsque je pars à l’étranger, j’ai vraiment l’impression d’ajouter une nouvelle flèche à mon arc, de me compléter. Bon, je parle surtout des voyages long. Pas les deux semaines dans un gros resort avec d’autres touristes en quête de « dépaysement ».

Je pense qu’à un certain moment, je ressentirai naturellement l’envie de poser mes bagages quelque part. Du moins pour un petit moment. Aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose que je souhaite. Mais bon, la vie réserve des surprises…

Pression sociale №2: travailler & épargner

A votre avis, c’est quoi la suite logique après avoir obtenu son diplôme ? Bah avoir son CDI dans un domaine qu’on est censé aimer puisqu’on vient quand même de se taper 5 ans d’études. Soit dit en passant, je trouve incroyable qu’on nous demande ce que l’on veut faire de notre vie à un si jeune âge. Entre mes 18 ans et jusqu’à encore aujourd’hui, je change d’avis au moins 3 fois par jour. J’exagère. Mais disons que je sais de plus en plus ce que je voudrais pour plus tard.

Si je me souviens bien, je voulais devenir scientifique au lycée. Puis comme j’étais mauvaise en Physique-Chimie. Je suis partie en prepa, histoire de me laisser du temps même si je savais que j’allais finir en école de commerce pour faire… du marketing. Je me demande vraiment pourquoi j’ai fait ça ! Bref, aujourd’hui je m’oriente vers quelque chose que je n’ai jamais vraiment étudié mais qui a l’air de me convenir. D’ailleurs, parfois je me dis que toutes ces envies que j’ai eu avant me menaient petit à petit vers cette passion: l’écriture.

Revenons à nos moutons: à 27 ans je ne me sens pas suffisamment « mature » pour me trouver une voie. C’est quand même une sacrée décision de trouver un truc et de le faire pour le restant de sa vie. Enfin, jusqu’à la retraite. Plus je grandis, plus je me dis que la vie est un cycle et qu’on peut avoir plusieurs chapitres. Genre je peux être vendeur puis devenir journaliste. Mais bon, en France, c’est compliqué puisqu’il faut absolument les 20 000 diplômes demandés. Ok, y a des métiers ou on doit absolument avoir les diplômes et les expériences requises. Mais il y en a beaucoup qui nécessitent surtout des personnes passionnées et qui ont les qualités nécessaires pour faire le job. Pas besoin d’un certificat pour en attester.

Donc, en tant qu’adulte, je dois non seulement avoir un CDI dans le domaine que j’ai étudié mais je dois aussi penser à épargner. Et puis pourquoi pas acheter une maison. Quel stress ! Quel pression ! (je vais faire une petite pause…)

Et puis ce qui ne m’aide pas, c’est que j’ai une phobie de la paperasse. C’est affolant. Y a beaucoup trop de papiers en France. D’ailleurs, j’en ai honte mais c’est mon père qui me rappelle toujours ce que je dois faire. Et j’ai encore jamais rempli de fiche d’impôt puisque je suis partie au Sri Lanka dès la fin de mes études. Je ne vais pas pouvoir y échapper très longtemps. Va falloir se plier au système…

Pression sociale №3: construire sa future vie de famille

Il parait que je devrais déjà avoir un copain stable et songer à aborder les thèmes du mariage et des enfants. Donc imaginez la pression sociale pour une fille comme moi qui ne pense qu’à voyager, découvrir ce qu’elle aime, voir ses amis et qui n’est absolument pas obséder par le mariage. Et encore moins les enfants.

J’ai 27 ans donc ma situation est encore ok. Mais vous imaginez lorsque j’aurais 30 ans voire plus et que je n’aurai toujours personne ? Mais les gens vont me tatouer au fer rouge « vieille fille ». Ils vont se mettre à penser que j’ai un problème psychologique parce que je n’arrive pas à garder un mec. Que je le dise clairement: je ne crois absolument pas à « l’homme de sa vie ». C’est vraiment du bullshit qu’on raconte aux petites filles. Une relation ça se construit et surtout ça arrive lorsqu’on se sent bien avec soi-même. Donc, je me focus sur moi puis on verra pour le reste lorsque ça arrivera…

Avoir une vie de couple ça arrive lorsque ça arrive. Je ne vais absolument pas m’inscrire sur des sites de rencontres, aller aux soirées meetics et encore moins aller en vacances avec des groupes de célibataires pour faire plaisir à quelques personnes qui pensent que leur vie est trop parfaite et que je devrais avoir la même.

... au choix de vivre sa vie d’adulte comme on l’entend !

En réalité ce qui me gêne le plus c’est cette « pitié » déplacé. Genre je suis une pauvre petite fille qui chercherait absolument à avoir une vie « normale » mais qui n’y arrive pas. Et ce genre de commentaires ça vient généralement de personnes qui sont casés avec leur copain du lycée et qui ont une vie réglée comme une horloge. Leur vie est tellement bien que tout le monde devrait avoir la même ? Mais au final, sont-ils vraiment heureux ? Ou s’ils le sont, est-ce-que moi je le serais ?

D’après mon signe astro et mon analyse numerologique (oui j’y crois… un peu), je suis une personne indépendante et qui a besoin de liberté. Sauf que moi quand je suis posée dans une routine ou avec quelqu’un, j’étouffe. J’ai l »impression que je n’évolue pas. Que ma vie stagne.

D’ailleurs c’est pour ça que je profite de mes années dans la vingtaine pour tenter pas mal de choses afin de pouvoir savoir qui je suis. Ce que je voulais à 20 ans est à l’opposé de ce que je veux aujourd’hui

Comment faire contre cette pression sociale ?

Bah je n’ai pas vraiment la solution et il n’y a pas vraiment de remède miracle. On a toujours des doutes sur les choix que l’on fait mais il faut garder en tête que l’on a chacun un but dans la vie et que nos chemins ne sont pas fait pour se ressembler. Il n’existe pas de chemin de vie parfait et on sait tous très bien que beaucoup ont une vie situé dans la « norme » (étude-mariage-enfants) et ne sont pourtant pas heureux.

Avant mes 30 ans, je pense que je serais toujours un peu dans un flou (peut-être même bien après aussi) mais qu’il est tout à fait normal et sain. A partir de 30 ans, je verrais comment je me sens et ce que je veux faire. Je vis les moments présents car après tout, l’avenir ne m’est pas garanti !

Et accessoirement, si certaines personnes n’ont pas d’impacts positifs sur votre vie ou ne vous laissent pas avancer, il est libre à vous de vous en éloigner !

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